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révélation

Vendredi 21 décembre 2007

Sur le net, je suis rapidement tombé sur une étude basée sur les écrits du poète Paul Eluard répondant au questionnement  quand à son lesbianisme.
Je ne veux par réinventer la roue, ce texte m’a paru tellement en adéquation avec ma personnalité que je vous en livre ici quelques extraits  :

« En fait nous apparaît en Éluard une figure typique de ce qu'on appelle un lesbien.

Le terme français de lesbien semble être apparu en 1978 dans le titre d'un roman de François Coupry. Il était en usage sous sa forme anglaise (he-lesbian) au début des années 70 dans le milieu des psychothérapeutes et sexologues californiens ainsi que chez les féministes américaines du Women's Lib' et y caractérisait complètement un profil sexuel et affectif masculin bien précis. La traduction de he-lesbian en << lesbien >> paraît naturelle. Les auteurs britanniques emploient le terme d'"Anti-sexist man" qui recouvre un ensemble de profils plus étendu.

Le profil lesbien comporte tout un ensemble de traits caractéristiques toujours associés et interdépendants:
-- Image de la femme vécue comme complice, égale et active, féminisme,
-- Antijalousie, générosité naturelle et altruisme,
-- Pratiques amoureuses lesbiennes (complicité amoureuse totale, recherche et réalisation des désirs de l'autre et de son plaisir, don réciproque et double découverte, amour-communication/échange),
-- Amitié amoureuse qui ne dissocie pas la communication culturelle et affective de la tendresse physique: donc rejet du dualisme judéo- chrétien,
-- Attirance d'abord pour la personnalité et donc vécu sensuel d'anatomies non dissociées de toute la personne et non systématiquement conformes aux canons officiels,
-- Et donc comme chez nombre de féministes, rejet fréquent des accessoires << féminins >> associés au modèle machiste de la femme qu'on consomme dans un emballage de luxe ritualisé,
-- Tendresse et grande sensibilité physique et morale souvent fragilisante,
-- Refus des valeurs et attitudes de rivalité/domination,
-- Et culture de l'amitié totale, généreuse.

Il s'agit en fait de l'existence intégrée dans un individu de sexe masculin et hétérosexuel d'un ensemble de valeurs féminines qui le conduisent à avoir aux femmes, bien qu'homme, une relation analogue à celle des lesbiennes.

Attention, ne pas confondre avec le transexualisme soit génétique (génotypes minoritaires), soit psychologique (identification d'un homme biolo-gique au modèle féminin traditionnel). Si la bisexualité est souvent associée, elle constitue un trait indépendant et peut être pas plus fréquent que chez la plupart des individus (bisexualité intériorisée, refoulée ou assumée). Lorsqu'un homme ne trouve son plaisir qu'en faisant aimer sa femme ou sa compagne par un autre homme, on parle alors de candaulisme, la mythologie attribuant cet usage au roi Candaule.

On définit habituellement les caractéristiques machistes inscrites dans la personnalité, la conscience et la sensibilité sexuelle par un ensemble de valeurs intériorisées :
1 - Les hommes et les femmes sont fondamentalement différents en tout (différentialisme),
2 - Il est avilissant pour un homme d'effectuer des tâches jugées << féminines >>,
3 - L'homme ne doit pas être sensible ni vulnérable,
4 - L'homme doit rivaliser avec les autres afin de tenter de les dominer,
5 - La rudesse, la brutalité sont des valeurs nobles,
6 - La mission de l'homme est de gagner la vie de sa famille, de la nourrir,
7 - La compagnie des hommes est seule valable, la compagnie des femmes ne peut être que sexuelle,
8 - La sexualité est pouvoir et plaisir : domination des femmes et rivalité avec les autres hommes,
9 - L'homme doit savoir tuer ou risquer d'être tué sous peine de lâcheté.

Le profil lesbien se définit ainsi en totale opposition aux valeurs machistes. Bien plus qu'une simple particularité sexuelle, il apparait comme celui des grands révolutionnaires de l'amour. Il s'agit en fait, purement et simplement et à la suite de circonstances qu'il est intéressant d'analyser, de l'intériorisation chez certains hommes des valeurs amoureuses de la révolution affective et sexuelle.

L'exemple classique qu'on en donne est celui de Charles Fourier et son apologie des << saphiens et saphiennes >>. Remarquons que lorsqu'on étudie attentivement la vie de Charles Fourier souvent qualifié de révolutionnaire romantique, on découvre avec étonnement que, contrairement à une idée reçue, Fourier est un homme du XVIIIème siècle, un homme des Lumières mais aussi un révolutionnaire qui avait dépassé le simple libertinage et posé dans l'absolu le problème des formes de vie amoureuse sociale propres à assurer l'épanouissement amoureux de tous les humains dans leur diversité. Il faut toujours distinguer la pensée de Fourier des interprétations données par les fouriéristes du siècle dernier.

Ce qui est extraordinaire c'est que les idées de Fourier dans ce domaine ont influencé tant Marx qu'Engels, William Morris, alors qu'elles n'apparaissaient qu'en filigrane dans ses oeuvres économiques publiées au siècle dernier. Le texte qui développait complètement ses conceptions sur la vie amoureuse d'une société idéale ne fut découvert qu'en 1966 aux Archives Nationales par Simone Debout ! Ses << disciples >>, incapables de comprendre cette pensée, l'avaient censuré.

[…]

Mais comment peut-on être lesbien ?

Pour Éluard, il est évident que sa découverte de la femme en la personne de Gala a joué un rôle déterminant. Dans l'univers particulier d'un sanatorium, une jeune fille étrangère, libre, cultivée. Complice et égale. Une véritable amie avec qui avoir de riches échanges. Au début du siècle, de telles jeunes filles étaient quasi-inexistantes en France.

Ayant assumé tous les aléas de ce siècle tragique resté très puritain malgré certaines fausses apparences, Paul Éluard a ainsi vécu dans sa sensibilité profonde, physiquement, affectivement, une forme supérieure de sensibilité amoureuse qui fut celle des grands révolutionnaires et utopistes de l'amour
[…]

Éluard ne << prend >> pas une femme, une amie qui se << donnerait >> ou lui << accorderait ses faveurs >> comme l'a écrit un auteur célèbre à propos de la grande Lise Deharme. Éluard aime et ne consomme pas l'autre. Il aime une autre égale, semblable et différente, il l'aime heureuse, dans SES désirs, même pour d'autres..

Dans un entretien de 1982, Leonor Fini rapporte qu'<< Éluard avait horreur de la jalousie - il disait qu'il fallait partager ses amantes et ses amants avec des amis...>>.

Ayant su se libérer du terrible dualisme judéo-chrétien dont souffrent toujours tragiquement les femmes et aussi les hommes de notre civilisation, il ne dissocie jamais les jeux de l'amour physique, dont il assume la beauté, des sentiments qu'ils expriment. On a parfois parlé à tort de la << pudeur >> d'Éluard. Il s'agit d'un malentendu. On sait que les sexologues considèrent souvent la pudeur et la jalousie comme des névroses d'origine sociale. En fait, Éluard n'était pas seulement dionysien mais dionysiaque. Pour lui les gestes, les jeux de l'amour sont beaux et conduisent à l'emploi de beaux termes à l'opposé de la paillardise scatologique qui fait partie du système puritain. Donc si Éluard refuse l'emploi de mots vulgaires et orduriers pour l'amour physique, ce n'est pas par pudeur, au contraire.

[…]

La correspondance très émouvante de Paul Éluard et de Joë Bousquet, l'immobilisé à la chambre close de Carcassonne, vient encore nous montrer que pour Paul Éluard, la véritable relation amicale, altruiste, était constitutive de sa personnalité.

Il est bien connu qu'un tel profil rend fragile, vulnérable. Et en effet les aspirations de Paul Éluard se sont heurtées aux calculs, aux incompréhensions. Comment à cette époque concevoir une idée de l'amour aussi haute ? Autour de Paul Éluard on n'avait pas su dépasser jalousie, couple fermé, adultère bourgeois, calculs sordides.»


Référence :
Gérard VERROUST - Université Paris VIII - Colloque International De Nice - Paul Éluard a cent ans - Nice 1996 - sur le web à l’adresse http://www.penelopes.org/archives/pages/docu/carrles/eluard.htm

 

Par jules
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Vendredi 21 décembre 2007
Nouvelle identité ? Coming-out ?  Lol …. Franchement non … c’est juste la chance de pouvoir enfin décrire avec un seul mot une façon d’être et une envie de vivre.

Cette délivrante et bouleversante prise de conscience m’apporte tellement de bien que l’envie de partager avec celles et ceux qui le vivent, en doutes, ou partagent le même cheminement a motivé la fondation de ce blog. Cet espace me permettra aussi de mieux exprimer ma propre variation sur ce thème et peut-être d’y envoyer certaines personnes qui croyaient ou auraient envie de me comprendre.

Vos idées, réactions et coms sur l’homme lesbien sont souhaités et bienvenus. 
Je me réjoui de partager et d’échanger avec vous ;-)
Par jules
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Dimanche 2 décembre 2007

Découvrir, accepter, vivre ce que l'on est ....

Longtemps perdu dans les dédales de mon identité sexuelle, il me semble enfin pouvoir mettre un mot sur ce que je suis... 
A force d'expérimentations, je savais ce que je n'étais pas... souvent je trouvais le plaisir mais trop rarement la plénitude.
Les doutes et questionnements persistaient jusqu'à ce qu'une "ange" me rétorqua presque comme un compliment : " tu es LESBIEN " !   

LESBIEN ??  
je n'avais jamais entendu ou plutôt écouté ce mot... Suis-je bête ? 
La trentaine perdu ou blasé d'avoir presque tout essayé sans me trouver... Et voilà que ce petit mot raisonnait en moi :-)

Par jules
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